Réponse courte
Quels polluants surveiller dans votre logement ? CO₂, COV, PM2.5, humidité, formaldéhyde — seuils de référence, symptômes, capteurs recommandés et solutions pratiques.
À retenir
- Commencez par vérifier les faits, les prix ou les signes visibles avant d’agir.
- Gardez une trace écrite : photos, mesures, sources, checklist ou tableau comparatif.
- Utilisez la ressource PDF ou les objets recommandés seulement s’ils aident vraiment à appliquer la méthode.
Sommaire
- Réponse courte
- Points essentiels
- Méthode ou critères de décision
- Erreurs à éviter
- Ressources utiles
- FAQ
L’ADEME estime que nous passons en moyenne 80 à 90 % de notre temps en intérieur. Et l’air y est, en moyenne, 5 fois plus pollué qu’à l’extérieur. Pas parce que l’extérieur est propre — mais parce que nos logements concentrent les polluants sans les évacuer efficacement.
Voici les 5 polluants les plus courants dans les logements français, leurs seuils de référence, et ce qu’on peut faire.
1. CO₂ — l’indicateur de ventilation
Le CO₂ n’est pas toxique aux niveaux intérieurs courants, mais c’est un indicateur de qualité de ventilation : si le CO₂ monte, les autres polluants (COV, particules) montent aussi.
| Concentration CO₂ | Ressenti | Action |
|---|---|---|
| < 600 ppm | Excellent | Rien |
| 600–800 ppm | Bon | Normal |
| 800–1 000 ppm | Acceptable | Surveiller |
| 1 000–1 500 ppm | Légère fatigue possible | Ventiler |
| > 1 500 ppm | Maux de tête, somnolence | Ventiler immédiatement |
| > 5 000 ppm | Limite sanitaire INRS | Situation d’urgence |
En pratique : une chambre fermée avec deux adultes qui dorment peut atteindre 1 500 à 2 500 ppm en quelques heures. Ouvrir 10 minutes les fenêtres avant de dormir, laisser une petite ouverture la nuit : 400 à 700 ppm.
Comment mesurer : un capteur CO₂ à thermopile infrarouge (technologie NDIR) est fiable. Budget : 40 à 120 €. Évitez les capteurs “COV totaux” qui ne mesurent pas le CO₂ réel.
2. COV — les composés organiques volatils
Les COV forment un groupe hétérogène de centaines de composés chimiques émis à température ambiante. Les plus problématiques dans les logements :
Formaldéhyde (HCHO)
- Sources : panneaux agglomérés, bois laminé, isolants, colles, peintures
- Effet : irritation oculaire et respiratoire, classé cancérigène groupe 1 (CIRC)
- Seuil de référence ANSES : 30 µg/m³ (valeur guide air intérieur)
- Réduction : aérer, préférer matériaux à faibles émissions, purificateur charbon actif
Benzène
- Sources : tabac (principale source en intérieur), produits ménagers solvantés, certaines colles
- Effet : cancérigène avéré (leucémie)
- Seuil de référence ANSES : 1 µg/m³ (valeur guide air intérieur)
- Réduction : ne pas fumer en intérieur, préférer produits sans solvants
Limonène et alpha-pinène (COV des produits ménagers)
- Sources : désodorisants, produits nettoyants parfumés, air fresheners
- Effet : irritants, peuvent réagir avec l’ozone pour former du formaldéhyde
- Réduction : limiter les sprays parfumés, préférer les fenêtres ouvertes
Comment mesurer : les capteurs COV totaux (TVOC) sont des indicateurs, pas des mesures précises par composé. Pour une analyse détaillée (formaldéhyde, benzène), un laboratoire est nécessaire (tubes passifs Radiello, 50 à 150 € par analyse).
3. Particules fines — PM2.5 et PM10
Les particules en suspension dans l’air intérieur proviennent de plusieurs sources :
| Source | PM produits | Impact |
|---|---|---|
| Cuisine (poêle, friture) | PM2.5 + PM10 | Pics intenses, brefs |
| Bougies et encens | PM2.5 | Continu si allumé |
| Imprimante laser | PM0.1 (ultrafines) | Continu lors de l’impression |
| Aspirateur sans filtre HEPA | PM2.5 (remise en suspension) | Pendant le nettoyage |
| Pollution extérieure | PM2.5 | Selon ventilation et saison |
| Tabac | PM2.5 + PM1 | Très élevé si fumée intérieur |
Seuil OMS : 10 µg/m³ en moyenne annuelle pour PM2.5 (objectif), 25 µg/m³ pour la valeur guide journalière.
En pratique : cuisiner sans hotte avec fenêtre fermée → 200 à 500 µg/m³ de PM2.5 pendant 30 minutes. Avec hotte et fenêtre ouverte → < 50 µg/m³.
Solution : purificateur HEPA H13 (filtre 99,95 % des PM2.5), hotte de cuisine efficace, ne pas allumer de bougies dans des pièces mal ventilées.
4. Humidité — le modulateur de tous les risques
L’humidité relative de l’air intérieur influence directement :
- La prolifération des acariens (optimale au-dessus de 60 % d’humidité)
- Le développement des moisissures (Aspergillus, Penicillium, Cladosporium) sur les surfaces froides
- La survie des virus respiratoires (rhinovirus survit mieux sous 30 % d’humidité)
- Le confort thermique (air trop sec = irritation muqueuses, air trop humide = sensation de lourdeur)
Zone idéale : 40 à 60 %
Comment mesurer : hygromètre numérique, 10 à 30 €. Précision ±3 % largement suffisante.
Pièces à surveiller :
- Salle de bain : 80–95 % après douche → ventiler 30 min
- Cuisine : 60–80 % lors de la cuisson → hotte + fenêtre
- Chambre : 50–65 % normalement, peut monter si 2 personnes dormant fenêtre fermée
Si humidité > 70 % chronique : déshumidificateur (150 à 400 €) ET investigation de l’origine (pont thermique, isolation insuffisante, fuite).
5. Radon — le gaz radioactif naturel
Le radon est un polluant particulier : naturel, radioactif, et qui ne se traite pas avec un purificateur d’air. Il mérite son propre guide. → Tester le radon chez soi
Le plan d’action par priorité
Étape 1 — Mesurer avant d’agir
- Capteur CO₂ (40–80 €) : comprendre quand et où la qualité se dégrade
- Hygromètre (15–30 €) : vérifier l’humidité pièce par pièce
Étape 2 — Ventiler intelligemment
- 10 minutes fenêtres ouvertes matin et soir, même en hiver
- Vérifier les grilles VMC (dépoussiérer, débloquer)
- Après douche et cuisine : ventiler 20 à 30 minutes
Étape 3 — Réduire les sources
- Arrêter les bougies et encens dans les pièces fermées
- Préférer produits ménagers sans solvants
- Éviter de chauffer avec des bougies chauffe-plat non ventilées
Étape 4 — Filtrer si nécessaire
- Purificateur HEPA H13 pour les particules fines et allergènes
- Filtre charbon actif pour les COV (en complément, pas en remplacement de la ventilation)
- Déshumidificateur si humidité chroniquement > 65 %
Étape 5 — Mesurer le radon si vous êtes en zone à risque → Guide complet test radon
Sources : ADEME — Qualité de l’air intérieur (2023) · ANSES — Valeurs guides air intérieur · OMS — Directives OMS relatives à la qualité de l’air · INRS — Valeurs limites d’exposition professionnelle
Mise à jour : mai 2026.
Ressource PDF et objets utiles
Vous pouvez lire cet article gratuitement. Si vous voulez appliquer la méthode sans revenir chercher chaque étape, gardez la version PDF ou la checklist associée : Checklist eau et air intérieur. Les objets recommandés doivent rester pratiques, remplaçables et liés à une étape précise : kit radon, capteur CO2, filtre sous évier, purificateur HEPA ou hygromètre.
Le site aide à comprendre les mesures, sources et objets utiles avant achat.